Je commence un peu en avance une partie de ma synthèse, car j’ai déjà à dire sur certains points.

Boucher vegan? Est-ce possible? Malgré le côté paradoxale de la situation, je pense que ça l’est pour plusieurs raisons.

-Est ce que j’aime mon métier parce que j’aime la viande?

-Est ce que j’aime la viande parce que j’aime mon métier?

Pour ma part, j’ai appris à aimer la viande avec mon métier. Je ne connaissais en rien la viande, malgré des parents agriculteurs qui nous ramenaient de bonnes choses à manger, nous mangions principalement de la volaille issue de notre production (personnelle pour la volaille), de l’agneau, et du porc. Mon métier m’a apporté le savoir, et m’a permis de savoir comment acheter une bonne viande, j’ai développé une passion pour mon métier, et je revendiquais cette passion dans ma consommation.

-Est-il possible d’être passionné par son métier sans profiter du fruit de celui ci?

Je le pense également, évidemment, ici, ceci ne s’applique que pour moi. Rien de ce que je peux faire, dans mes choix d’avenir, ne m’enlèvera cette passion. Je reste persuadé que nous naissons avec des qualités calculé pour tel ou tel domaine. Je pense que sans le savoir je suis tombé très tôt dans cette fibre carné. Cela peut être étrange à lire, peut être même à comprendre, mais j’aime l’odeur, le toucher, le bruit que représente mon métier. J’aime le contact avec les fibres musculaires, j’aime manier un couteau, apprendre, découvrir, et me perfectionner. J’en déduis donc que ma vrai passion, n’est pas de consommer de la viande, mais de la travailler.

-Pourquoi Vegan?

Je défends depuis pas mal de temps, dans les débats auxquels je participe, dans les discutions, dans les manifestations, le sens et la valeur des alternatives. Par palier, au cours de ma vie, je m’y intéresse de plus en plus et m’adapte de plus en plus aux valeurs nobles des alternatives. Oui, mais, ma consommation est en contradiction totale avec mes convictions. Je surconsomme! Et ne connais pas assez bien les alternatives de mode alimentaire.

Hors, je pense que le végétalisme, dans sa forme, est de loin le plus complet en terme de maintiens aux alternatives. Le végétarisme, quand à lui, peut se pratiquer à plusieurs échelles, pour plusieurs raisons/motivations, et peut donc être suivi avec des idéaux locavores, bios ou autres. Mais peut très bien se réaliser avec des produits issus d’élevage intensif. On peut très bien aussi trouver des omnivores responsables et soucieux de l’environnement et d’une alimentation saine, équilibrée et raisonnée. Il y aura toujours des exceptions, dans chaque mode, dans chaque alternative. Il y aura toujours des contradictions également, car la perfection n’existe pas. Mais quoi qu’il en soit, à mes yeux, s’intéresser aux alternatives n’est pas seulement un moyen de militer. C’est un moyen pour affirmer ses convictions, et participer à un réel choix social et politique. Sortir d’un système qu’on rejette en agissant, et non en se plaignant.

-Est ce que cela sert à quelque chose?

Confronté à la grande pensée du : « ce que tu fais ne sert à rien », je tiens à m’exprimer. Peut être, et même sûrement! Cela n’est-il qu’une question de conscience? Non, pour ma part c’est une question de conviction. On en retombe dans ce que nous voyons tout les jours, notre société préfère subir que d’agir, afin de maintenir des repères installés par nos dirigeants et par nous même, comme un syndrome de Stockholm dans l’air.

On pense que ça ne sert à rien, alors on laisse tomber. Mais quel serait l’impact, si tout les gens, qui se posent malgré tout la question, plutôt que de retourner les talons pour fuir l’échec qu’ils présument sans même combattre, iraient aux conflits? On critique, on se plains, mais on a peur du changement.

Donc cela pourrait servir à quelque chose, et donc, je préfère me plaire à participer, à dénoncer, et à agir, plutôt que de suivre une population agressive mais inefficace.

-Sur le long terme?

 

Je réfléchis encore, mais je pense continuer l’expérience sur un délai plus long, afin d’avoir de réel point de comparaison. Je suis persuadé que sur le long terme, après les bonnes réflexions, et avec un peu de temps à consacrer, on peut voir une économie non négligeable, et une satisfaction de rencontrer les locaux, qui travaillent pour nous. Donner l’argent de notre travail pour un travail de qualité, afin de récompenser et de soutenir les causes importantes de notre économie locale.

 

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